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Faut-il avoir peur des prix négatifs dès 2027 ?

Plusieurs articles de presse annoncent qu’à partir de 2027, le prix de reprise de l’électricité pourra devenir négatif

Depuis quelques jours, plusieurs articles de presse annoncent qu’à partir de 2027, le prix de reprise de l’électricité solaire sera fixé au quart d’heure et pourra même devenir négatif. 

Présentée ainsi, l’information peut effectivement inquiéter les propriétaires d’une installation photovoltaïque.

Mais cette présentation est incomplète.

La nouvelle réglementation introduit bien une rémunération davantage liée au prix réel de l’électricité sur le marché. Mais elle prévoit également un mécanisme de rémunération minimale pour les petites installations photovoltaïques.

Que va-t-il changer en 2027 ?

Aujourd’hui, lorsque le surplus d’électricité solaire est injecté dans le réseau, sa rémunération est notamment basée sur un prix de marché de référence calculé sur une période donnée.

À partir de 2027, lorsque le producteur et son gestionnaire de réseau ne se sont pas mis d'accord sur une autre rémunération, le système devient plus dynamique : l'électricité injectée est rémunérée en fonction du prix du marché de l'électricité au moment où elle est injectée.

Le prix du marché peut donc être différent d'une heure ou d'un quart d'heure à l'autre.

Et oui : lorsque l'offre d'électricité est particulièrement abondante, notamment lors des journées très ensoleillées, le prix du marché peut devenir très faible, voire négatif.

C'est cette dernière possibilité qui a beaucoup fait parler d'elle ces derniers jours.

Mais cela ne signifie pas que votre installation solaire pourra vous « facturer » de l'électricité.

C'est là que l'information mérite d'être précisée.

Les petites installations bénéficient d'un prix minimum

La législation suisse prévoit une rémunération minimale pour les installations photovoltaïques de moins de 150 kW.

Pour une installation photovoltaïque de moins de 30 kW, le minimum prévu est actuellement de 6 ct./kWh.

Cela signifie que, pour une installation résidentielle classique, une période de prix de marché négatif ne transforme pas automatiquement l'injection en une facture à payer au gestionnaire de réseau.

Le mécanisme est un peu plus subtil : l'électricité est d'abord valorisée au prix du marché au moment de l'injection, puis une compensation peut être versée afin d'atteindre la rémunération minimale lorsque le prix de référence du marché est inférieur à celle-ci.

Pour la très grande majorité des installations photovoltaïques installées sur les maisons individuelles, le fameux « prix négatif » annoncé dans la presse n'est donc pas synonyme de perte financière sur chaque kWh injecté.

Et pour les installations de 30 à 150 kW ?

Le système devient plus différencié.

Pour les installations photovoltaïques comprises entre 30 et 150 kW, la rémunération minimale dépend notamment de la présence ou non d'une consommation propre.

À titre indicatif :

  • moins de 30 kW : minimum de 6 ct./kWh ;
  • 30 à 150 kW avec consommation propre : rémunération minimale calculée selon une formule liée à la puissance de l'installation ;
  • 30 à 150 kW sans consommation propre : minimum de 6,2 ct./kWh.

Au-delà de 150 kW, il n'existe plus ce même mécanisme de protection contre les prix de marché très bas. C'est donc principalement pour les grandes installations que l'exposition aux prix négatifs devient réellement un sujet économique.

Pourquoi introduire ce système ?

L'objectif de la nouvelle réglementation n'est pas de pénaliser l'énergie solaire.

Il s'agit au contraire de faire évoluer le marché pour que l'électricité soit davantage produite, consommée ou stockée au moment où elle a de la valeur pour le système électrique.

Le problème est connu : par une belle journée d'été, des milliers d'installations photovoltaïques produisent simultanément beaucoup d'électricité autour de midi.

Si la production solaire est très importante alors que la demande est faible, le prix de l'électricité baisse.

Le nouveau système crée donc une incitation à :

  • consommer davantage sa propre production ;
  • déplacer certaines consommations vers les heures de production solaire ;
  • charger une batterie lorsque l'électricité solaire est abondante ;
  • restituer cette énergie plus tard ;
  • et, pour certaines installations, adapter temporairement la puissance injectée au réseau.

Swissolar souligne d'ailleurs que cette évolution doit encourager une production solaire davantage compatible avec les besoins du réseau.

Peut-on limiter l'injection de son installation solaire ?

Oui. Et cette possibilité va prendre de plus en plus d'importance.

Un onduleur moderne peut être configuré pour limiter la puissance maximale injectée sur le réseau.

Par exemple, une installation photovoltaïque pourrait produire 10 kW alors que seulement 6 kW sont autorisés à être injectés à un instant donné. Les 4 kW restants peuvent, selon l'installation, être utilisés directement sur place ou dirigés vers une batterie.

Il existe plusieurs niveaux de pilotage :

1. Limitation fixe

L'onduleur est configuré pour ne jamais dépasser une certaine puissance d'injection.

Cette solution est simple et fiable.

2. Pilotage dynamique

Un système de gestion de l'énergie peut adapter l'injection en fonction de la situation : consommation du bâtiment, état de charge de la batterie, puissance disponible, consignes du réseau, etc.

La Commission fédérale de l'électricité (ElCom) indique explicitement que la limitation de l'injection peut être paramétrée directement sur l'onduleur ou être pilotée par un système de gestion de l'énergie.

Et si j'ai déjà une installation MCR-e ?

Pas de panique.

Pour une installation photovoltaïque résidentielle de taille classique, la nouvelle réglementation ne signifie pas que vous allez commencer à payer pour l'électricité que vos panneaux injectent dans le réseau.

Le mécanisme de rémunération minimale constitue précisément une protection contre les prix de marché trop bas pour les petites installations.

En revanche, cette évolution confirme une tendance importante : plus l'électricité solaire peut être consommée directement sur place, stockée ou intelligemment pilotée, plus elle prend de la valeur.

C'est pourquoi, lors de nos nouvelles installations et de nos extensions, nous accordons une importance croissante à l'autoconsommation, au stockage et au pilotage intelligent.

Le vrai message à retenir

Non, dès 2027, les propriétaires de panneaux solaires ne vont pas devoir payer pour chaque kWh injecté lorsque le prix de l'électricité devient négatif.

Pour les petites installations photovoltaïques, un mécanisme de rémunération minimale existe.

La réforme change surtout la manière dont la valeur de l'électricité injectée est déterminée et donne davantage d'importance au moment de l'injection.

C'est une évolution du marché, pas la fin de l'intérêt du photovoltaïque.

Et surtout, une installation solaire bien dimensionnée, avec une bonne autoconsommation et, lorsque cela se justifie, une batterie ou un système de gestion de l'énergie, est beaucoup moins dépendante du prix de reprise de l'électricité.

Chez MCR-e, nous suivons attentivement cette évolution réglementaire afin que nos installations restent performantes et pertinentes sur le long terme.

Les règles présentées dans cet article sont celles connues au moment de sa publication. La réglementation énergétique suisse évoluant rapidement, les modalités précises de rémunération doivent toujours être vérifiées auprès du gestionnaire de réseau concerné.

Pour en savoir plus :  ElCom – FAQ « Loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables » 


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